La Libération du Ressenti par le dialogue tonico-émotionnel est un processus thérapeutique qui intègre, parmi d’autres, des concepts scientifiques développés par diverses disciplines, telles que :

les neurosciences, l’éthologie, la linguistique, pour, en les intégrant, comprendre et utiliser :

  • la psychanalyse, les thérapies systémiques, comportementales, cognitives, la gestalt thérapie, la somatic experiencing
  • ainsi que diverses thérapies corporelles, la psychomotricité relationnelle, l’eutonie, l’haptonomie, la sophrologie, les constellations familiales et la programmation neurolinguistique.
  • certains aspects de la kinésiologie, de la kinésithérapie, de la logopédie le tout à travers une certaine compréhension de la maladie et de la guérison apportée par l’homéopathie, l’acupuncture et la psychosomatique

Par ailleurs, l’approche psychothérapeutique de La Libération du Ressenti PAR LE DIALOGUE TONICO-EMOTIONNEL intègre aussi des concepts présentés par de nombreux auteurs tels que :

Jean-Claude Ameisen, Joachim Bauer, Pierre Benoît, Alain Berthooz, André Bourguignon, C.P. Bruter, Jean Chaline, Gilbert Chauvet, Noam Chomsky, Antonio R. Damasio, Darms et Laloup, Christian de Duve (Prix Nobel de médecine), Albert Demaret, Alphonse Dewaelhens, Jacqueline et Albert Ducros, Michel Gazzaniga, Gérald Edelman (Prix Nobel de médecine), Eugène Gendlin,  Stephen Gould, Gransaignes d’Hautrive , Jaffelin, Robert Jasrow, Marc Jeannerod, Paul Mac Lean et Roland Guyot. Fernand Mairlot, Edgar Morin, André Pichot, Main Prochiantz, Joseph Reichholf, Mathieu Ricard et Xuan Thuan Trinh, Giacomo Rizzolatti Jacques Ruffié, , Henri Van Lier, Henri Vidal, Stephen Rose, Frans Veldman, etc.

D’autre part, l’approche psychotherapeutique de la liberation du ressenti par le dialogue tonico-emotionnel qui nous occupe se fonde sur une approche élargie de la communication qui comporte les trois aspects de la formation déjà évoqués.

Un aspect expérientiel

Au fil de la psychothérapie, le patient est invité régulièrement à expliciter son ressenti corporel (felt sense d’Eugène Gendlin), c’est-à-dire l’écho qui parvient à sa conscience du travail intense effectué par une multitude de circuits neuronaux perceptuels et neurovégétatifs. Il s’agit de l’expérience du corps propre (aspect expérientiel) qui fonde son vécu personnel du monde tel qu’il lui apparaît (aspect phénoménologique).

Un aspect relationnel
  • Au niveau verbal, la communication prend en compte les formes grammaticales, linguistiques, etc., soit la « manière de dire » du patient : non pas ce dont il parle mais la manière dont il articule son discours à son ressenti corporel.
  • Au niveau corporel, la communication prend en compte ce que dit le corps du patient au thérapeute qui le regarde. « Les marqueurs somatiques » d’Antonio Damasio.
  • Au niveau tonico-émotionnel, la communication prend en compte le ressenti du thérapeute qui s’est mis sur la même longueur d’onde que son patient par le biais de ses «  neurones miroirs » de Rizzolatti.
Un aspect pédagogique

Le patient est invité à prendre conscience des mécanismes qui jouent en lui aujourd’hui comme hier et, sans doute, comme il le sera demain s’il ne se prend pas en main. Il est amené à comprendre comment les fantasmes qui le mènent à son insu se sont construits à travers son histoire transgénérationnelle afin de pouvoir s’en libérer (Anne Ancelin Schützenberger).

Survol théorique

Le modèle développemental que nous utilisons s’alimente de données ou de concepts issus de la psychanalyse aussi bien que de l’éthologie. Ils sont précisés par les découvertes neurobiologiques actuelles sur l’émergence et le fonctionnement de la conscience primaire, celle des mammifères supérieurs – notre inconscient et sa construction de fantasmes – et de la conscience secondaire qui nous est propre – notre conscient –  avec sa faculté d’empathie (Neurones miroirs). Ces deux niveaux de conscience peuvent être considérés comme des systèmes mentaux développés successivement au cours de l’Evolution.

La construction du fantasme

Le fantasme, image mentale émotionnelle, est un scénario imaginaire où le sujet est présent et qui figure l’accomplissement d’un désir – de façon plus ou moins déformée par les processus défensifs -. Le fantasme inconscient est une image mentale particulière, d’ordre affectif, qui adapte un scénario imaginaire en fonction de l’expérience heureuse d’autrefois. Il s’agit notamment de celle d’avoir réussi à capter l’intérêt des parents, ce qui est une nécessité biologique chez les mammifères dont nous sommes.

Ex. : Si le chaton qui vient de naître ne suscite pas l’intérêt de sa mère par son comportement – cris, mouvements… -, il ne pourra accéder aux mamelles et mourra de faim.

Pour cela, il a fallu correspondre au désir inconscient des parents, c’est-à-dire réaliser leurs propres fantasmes parfois destructeurs.

Ex. : On entend souvent dire une mère à son enfant : je te mangerais bien. Il s’agit d’un phantasme d’incorporation, d’avoir l’enfant tout à soi, d’en faire sa chose qui lui permettra d’exister, sa nourriture.

Dans ce cas, l’adaptation à ces fantasmes parentaux peut être une automutilation psychique vécue comme nécessaire à la survie. Dans l’exemple ci-dessus, ce sera devenir la chose de maman, se laisser moralement dévorer par elle.

Ressenti profondément, le plaisir biologique corporel de la survie scelle le souvenir du scénario de la manière de faire qui a permis d’échapper au danger. Il indique et impose ce qu’il faut réaliser dans la vie. Dans l’exemple ci-dessus, ce sera être à disposition de maman, faire toujours ce qu’elle dit, sacrifier son autonomie.

Refoulé comme tel dans l’inconscient, le fantasme de ce qui est à faire reste lié au plaisir biologique et, par là, dicte un comportement répétitif, inadapté à l’âge adulte, dont se plaint le patient en psychothérapie. C’est sur ce fantasme, image mentale émotionnelle, ressenti profond lié au plaisir biologique, qu’il faudra travailler jusqu’à pouvoir l’inverser en rendant au patient sa liberté.

Le décours de la psychothérapie

La seule voie possible pour ébranler la vision du monde du patient – son image mentale de référence ou son fantasme – et permettre une reconstruction est de l’aborder de l’intérieur.

Le nouvel élément qui rend impossible le maintien de la structure précédente ou le retour à celle-ci par son appareil de régulation est la démonstration de son incohérence externe dans sa manière d’être, de se comporter, de se réaliser. En pratique, pour ébranler sa vision du monde, il faut faire découvrir au patient comment il crée son échec et sa maladie. Autrement dit, comment, en fonction de cette vision, il s’empêche lui-même d’obtenir ce qu’il désire en tout temps et lieu depuis l’enfance. (Travail au niveau cortical : action sur la raison)
D’une part, il s’agit de faire percevoir au patient que sa manière de se comporter, d’agir, d’être au monde est permanente, qu’elle donne lieu à des échecs ou des réussites. Il s’est toujours comporté ainsi et il n’y a pas de raison pour qu’il ne continue pas. Il est nécessaire de lui faire percevoir l’étendue de son problème et le fait que celui-ci restera « normalement sans solution » s’il n’en prend conscience. C’est l’émotion déclenchée par « l’horreur de cette découverte » qui, seule, peut ébranler le plaisir lié à sa vision du monde et lui permettre de la changer. (Travail au niveau limbique : intervention sur l’émotion)

Pratiquement, le travail se fait à travers l’émotion. Celle-ci jaillit de la confrontation entre l’image que le patient veut donner de lui et celle que le psychothérapeute lui renvoie progressivement en alternant les phases de confrontation et d’accueil. Quand l’émotion est assez forte pour contrebalancer le plaisir lié à ce « sacrifice qui lui a obtenu l’amour parental » et qui est à la base de sa carte du monde, il peut commencer à lâcher cette vision et entrevoir une autre possibilité de vivre. On peut renoncer sans effort à un gâteau qui n’a plus de goût. (Travail au niveau  du tronc cérébral : modification du Ressenti fondamental)

Par la suite, le psychothérapeute fait percevoir au patient que le sacrifice au désir parental était un choix obligé dont il ne peut être en aucune façon coupable. Les parents eux-mêmes n’auraient pu faire autrement au vu de leur propre enfance. Mêmes s’ils sont responsables, eux non plus ne sont pas coupables. Au fond, le patient s’est plié au désir inconscient de ses parents et non à leur désir conscient.  Consciemment, il a pu être vraiment aimé. Cette dernière étape de la thérapie : la réconciliation dans l’amour retrouvé scelle une thérapie vraiment réussie (Vérification en est faite au niveau corporel : passage de réactions orthosympathiques en réactions parasympathiques).

L’utilisation des neurones miroirs en psychothérapie

Le patient parle. Le thérapeute écoute. En même temps, il observe le panorama du corps de celui qui le consulte. De plus, il se met en syntonie avec lui, en résonnance. Il se « connecte » à lui. A partir de là, il ressent ce qui se passe chez le patient. Autrement dit, le thérapeute capte non seulement les signaux corporels mais aussi tonico-émotionnels du patient et réagit en fonction d’eux par des pensées spontanées et, parfois même, par des sensations physiques. A son tour, le patient perçoit inconsciemment les réactions de son thérapeute et ne peut qu’y réagir de même, donc tout aussi inconsciemment.

Ainsi, indépendamment de sa volonté, le patient déclenche des résonnances chez le psychothérapeute. Elles ont une grande valeur d’informations. Par ailleurs, elles guident de manière sûre l’orientation de la thérapie.

Ce n’est que fort rarement que les patients parviennent à exprimer verbalement avec facilité ce qui les bloque ou ce qui les préoccupe. Dès lors, les propos du patient peuvent sembler lacunaires et présenter des incohérences non voulues.

Pour le thérapeute, c’est à ce moment-là que le problème à traiter se révèle. Le champ de travail thérapeutique s’est ouvert. L’émotion du patient se  donne à percevoir par le thérapeute. Elle résonne en lui au-delà de l’empathie. C’est à ce moment que surgissent en lui des pensées qui permettent de poursuivre dans la bonne voie en comblant les lacunes verbales du patient ainsi que les ruptures de son discours et en complétant son récit.

En effet, grâce aux neurones miroirs, le thérapeute est à même de compléter intuitivement ce que lui raconte le patient. Pour cela, il est nécessaire que ses propos contiennent assez d’indices à l’intérieur d’une relation tonico-émotionnelle forte.

De ceci se dégage deux caractéristiques d’une approche thérapeutique basée sur l’utilisation des neurones miroirs :

  • la compréhension intuitive de ce que sait consciemment le patient et dont il pourrait parler bien qu’il ne le fasse pas ;
  • la compréhension intuitive complémentaire de ce que le patient ne sait qu’inconsciemment et qu’il ne peut ressentir, ne pouvant dès lors ni les penser, ni les agir, ni les exprimer.

Pour le patient, il s’agit d’une part de découvrir au niveau le plus profond le ressenti commun qui permet d’être compris intuitivement par l’autre .

Toujours pour le patient, il s’agit d’autre part de découvrir son propre ressenti profond, sa propre identité par la perception de la différence entre ses impulsions personnelles et celles de l’autre, entre ses représentations et intentions à lui  et celles d’autrui.